Illustration des apports et limites de l’usage des sources ouvertes à travers le cas de la Russie

par Marie-Gabrielle Bertran

Résumé :

Les méthodes d’Osint, c’est-à-dire de renseignement mené à partir de sources ouvertes, peuvent représenter un apport considérable pour la recherche en sciences sociales, notamment en géopolitique. Elles consistent principalement en la récupération de textes, images, photographies et vidéos disponibles sur Internet, qui peuvent permettre de réaliser des études de cas. La récupération de ces données et leur étude s’apparentent ainsi à des terrains de recherche numériques réalisés par un chercheur à distance de sa zone d’étude grâce à l’arpentage du cyberespace, où les données sont à la fois produites et stockées. La réalisation d’un terrain numérique peut ainsi permettre d’obtenir des informations qui n’auraient pas été accessibles par des méthodes de recherche classiques (entretiens, recherches d’archives). Elle permet également au chercheur de continuer à travailler sur des zones ou des sujets considérés comme dangereux ou sensibles lorsque l’accès au terrain lui est totalement fermé. Les chercheurs qui travaillent sur des pays qui ont tendance à se refermer, comme la Russie, pourraient ainsi avoir un besoin accru de ce type de données. Leur usage tombe cependant sous le coup de plusieurs limites d’ordre éthique, légal, méthodologique ou scientifique. Ces limites sont particulièrement tangibles dans le cas des sources grises, qui peuvent provenir de piratages et de fuites de données.

Abstract : Advantages and limits of the use of open source materials : the case of Russia

Osint methods can help research in social sciences, including in geopolitics. They mainly consist in the retrieval and analysis of texts, images, photographs and videos which are available on the Internet and enable the realisation of case studies. These studies are, thus, similar to digital fieldworks a researcher would conduct remotely by wandering through cyberspace, where data is both produced and stored. The conduct of a digital fieldwork thus enables a researcher to obtain data he/she could not have obtained through conventional research methods (interviews, archive searches). It also allows him/her to keep working on sensitive or dangerous research fields and geographical areas when he/she cannot enter a country or a given area anymore. Reseachers who work on countries like Russia, the tendance of which is to close in on themselves, may have an increased need for this kind of data. However, the use of this data is subject to ethical, legal, methodological and scientific limitations. These limitations are particularly acute in the case of grey sources, which can come from hacking activities and data leaks.

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